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Damon Albarn aux Nuits de Fourvière, Lyon le 5 juillet 2014

Certains jours sont bénis des dieux, et ce samedi 5 Juillet 2014 en fait partie. Quand on additionne Damon Albarn, le théâtre antique de Fourvière à Lyon, et un temps non pluvieux (un miracle pour ce festival), il ne peut en ressortir que du bon, ou dans ce cas précis du très bon.

cncrt_damonalbarn_04Le festival des Nuits de Fourvière a cette particularité semble-t-il d’attirer Damon Albarn, sous toutes ses formes. C’est la 4ème fois qu’il amène sa tronche d’anglais dans nos contrées, le premier passage étant en 2007 avec The Good, the Bad and the Queen, suivi de 2008 avec Honest Jons Revue (en guest-star) avant le cataclysmique concert de Blur pour la tournée de reformation en 2009 il y a jour pour jour 5 ans. Malheureusement lors de la tournée 2010 Gorillaz n’a pas daigné gracier les lieux de sa présence, mais gardons espoir à ce propos pour le prochain album.

Aujourd’hui pour autant il est là en « solo », ces guillemets présents uniquement car il n’est pas seul sur scène, mais accompagné d’un groupe The Heavy Seas composé pour moitié de musiciens de tournée de Gorillaz (on tourne en rond là…). Après une première partie honnêtement en dessous du ‘passable’, qui n’aurait probablement pas eu son bac « ambiance », nommée Juana Molina que nous avons passé à jouer sur nos smartphones et à se demander quand cela se finirait (je sais, cela manque de respect, mais entre Tindersticks l’an dernier avant Archive et cette artiste je commence à pleurer de voir enfin une première partie digne de ce nom à Fourvière, bien que je sois de mauvaise foi puisqu’il y en a tout de même… parfois…) Damon Albarn a fini par rejoindre la scène, et on a pu très vite voir qu’il était heureux d’être là.

cncrt_damonalbarn_01Un concert de Damon Albarn ‘solo’ c’est en fait un méli-mélo des différents projets musicaux du Monsieur, avec une forte tendance au Gorillaz (tiens encore ? …). Mais c’est surtout que Damon est multi-instrumentiste, alternant piano, guitare et (plus tard) melodica et jouant avec le public pendant et entre les morceaux. Malheureusement il peut subsister quelques incompréhension dues à la langue : ainsi alors que Damon nous parle de son tambourin fraîchement acheté dans un pawn shop aux États-Unis et demande si l’on sait ce que c’est, les membres du public à ses pieds ne trouvent rien de mieux à comprendre que porn shop, au lieu d’un équivalent du Mont-de-Piété. Au moins ça a permis aux personnes un peu plus habiles en anglais d’en rigoler. D’ailleurs, il faudra un jour me dire si l’on peut trouver des instruments de musique dans un sex-shop…

Bref… Musicalement parlant, on ne peut que rester sur le cul. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas passé un concert sans avoir un temps mort de sa première à sa dernière seconde. Aucun moment où j’ai eu pu penser « bon, c’est quelle heure ? » (expression typiquement lyonnaise pour ceux ne le sachant pas) ou « pff, pourquoi je suis venu en fait? ». 95 minutes de pur bonheur, un sourire à la fin sur les bouches de toute l’assemblée et un Damon à priori encore ravi de son passage dans la capitale des gônes, s’amusant encore comme un fou lors du traditionnel lancer de coussins aux rappels comme il avait pu le faire en 2009 lors de son passage épique avec Blur.

cncrt_damonalbarn_11Sur scène plusieurs guests lors du concert (oui, deux = plusieurs). Tout d’abord le passage du fils de Einar Örn (Kukl, The Sugarcubes) sur Hollow Ponds, puis M.anifest (un rappeur Ghanéen) pour la partie rappée de Clint Eastwood. On pourra juste regretter ne pas voir eu un rappeur français à sa place comme ce fût le cas en avril de cette année pour son concert à l’Alhambra où Oxmo Puccino était de la partie. N’oublions pas aussi les 6 choristes que l’on ne découvre qu’assez tardivement, peu avant les rappels, transformant le théâtre antique en église gospel. Et sur scène tous ces gens ont pris un plaisir fou, le public lyonnais y est peut être pour quelque chose (ou alors l’absence de quantités impressionnantes de places VIP comme on peut en avoir l’habitude pour ce festival, réservant parfois presque 20% de sa contenance à des privilégiés dotés d’invitations).

Plusieurs jours après, quand j’écris ceci, j’en ai encore les yeux qui pétillent. Ce concert restera probablement dans mon top 3 pendant un très long moment, avec son cousin de Blur 5 années auparavant. Bon maintenant Damon… tu viens avec Gorillaz l’an prochain ? J’ai un top 3 à combler. Please, pretty please …

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