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Les Insus au Zénith d’Amiens le 27 avril 2016

2014-06-16 - Les Insus, Amiens - 11

« Un jour j’irai à New York avec toi », c’est précisément la première phrase que j’ai entendue de Téléphone, que mon frère me chantait sans que je sache vraiment d’où ça venait (je devais avoir 10 ou 12 ans). Et puis un jour, je suis tombé sur une cassette audio (ça fait vieux con quand même) : Téléphone – Rappels. J’ai d’une part compris d’où venait les paroles précédemment citées. Et je suis surtout tombé dedans comme on dit. Cette cassette a tourné en boucle une bonne partie de mes années collège et j’ai depuis cet instant considéré Téléphone comme LE groupe de rock français.

Quand j’ai commencé à faire des concerts, notamment de Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac, j’ai donc tout naturellement apprécié pouvoir entendre, au grès des setlists, des reprises du groupe. Et collectionné également des vieux enregistrements : découverte du live version Téléphone avec Flipper, Le Vaudou, Téléphomme et Fleur De Ma Ville entre autres. Bien sûr il y a eu plusieurs rumeurs (fondées ou non) de reformation, mais lorsque les informations se sont faites plus persistantes en septembre 2015, avant d’être confirmées, j’ai bien cru avoir laissé passer ma chance. Pas suffisamment au courant (comme beaucoup) des indices laissés par Kolinka notamment, j’ai donc suivi de loin le premier concert de ce nouveau groupe, en espérant secrètement une tournée, ou en tout cas, un nouveau concert à Paris.

2014-06-16 - Les Insus, Amiens - 37Ce qui arriva pour mon plus grand plaisir, avec notamment celui de les voir faire le Zénith, même pour Paris (dans un premier temps). Il était évident en tout cas, que je ne me contenterai pas que des dates parisiennes et que les villes de provinces à ma portée seraient sur la checklist. J’ai pu faire coup double sur ce point là : concert à Amiens, qui plus est le premier de la tournée ! Bien sûr, on (en tout cas moi) ne va pas s’éterniser sur les raisons de cette reformation et l’absence de Corine. Les trois décident de partir sur les routes sous un autre nom, prenons le comme une chance d’en profiter, ça sera certainement la dernière fois.

Nous voilà donc en ce 27 avril, où après 2h de route (vive les bouchons), nous approchons du Zénith d’Amiens. Un petit Zénith, mais une salle bondée et donc une chaleur étouffante bien avant que le concert ne commence. On va dire que ce sera le seul fait d’arme d’un public de province (désolé) beaucoup trop sage et absolument pas à la hauteur de l’événement. Dans mon coin, tout le monde s’est levé à partir de New York Avec Toi. Avant cela, c’était d’un mou… Ça m’a étonné, même sur les titres connus, j’en venais même à me dire que si ça avait été en concert de Aubert ou Bertignac, il y aurait eu plus de réactions. Passons rapidement sur le seul point noir de la soirée pour aller à l’essentiel : quel bonheur. Et même plus.

Les lumières s’éteignent, avec une musique d’intro mélangeant des extraits de La Marseillaise et de Rencontre du 3ème type notamment, dans une ambiance de flash et de « ? » de lumières balayant la foule. Les premières notes retentissent pour une entrée sur scène avec Crache Ton Venin, (je vais pas dire une des meilleures, parce que c’est le cas de presque toutes les chansons 🙂 ), enchaînée avec Hygiaphone, que je voyais plus en rappel, mais qui a le mérite de lancer le concert sur un rythme soutenu. Mais je ne pense pas qu’il soit nécessaire de faire tous les titres un à un. Pour être franc, à mon niveau, quelqu’ait été la setlist, je n’aurai de toute façon eu aucun regret. C’était même limite grisant de se dire que quelque soient les titres, on va forcément aimer 🙂

Une setlist qui bien évidemment a partagé la salle en 2. Les tubes et les moins connues (du grand public, sans pour autant que beaucoup de vraies raretés aient été ressorties). Pour les tubes, le public était là (et encore). Pour le reste, le néant ou presque. Ce qui est d’autant plus étrange que bien évidemment, la réaction du public a été sur les chansons qu’Aubert et Bertignac jouent déjà régulièrement en solo. J’ai trouvé ça un peu absurde… Mais finalement j’ai pu profité de mes pépites à moi, en laissant les gens profiter des tubes rabâchés depuis des années.

2014-06-16 - Les Insus, Amiens - 27Au rayon des  « classiques », nouvelle formation oblige, on a eu des versions plus épurées et rock de Cendrillon et Ça (c’est vraiment toi), même si cette dernière me gonfle toujours autant. Comme New York Avec Toi, Un Autre Monde et compagnie. Trop entendues, trop attendues par le public et donc finalement sans surprise (sans saveur ?).
Pour les autres, celles que j’attendais/espérais/voulais, je retiendrais Au Cœur De La Nuit (super solo sur le pont), Le Temps (que j’avais loupé sur une tournée précédente d’Aubert) et surtout l’enchaînement Dure Limite, Electric Cité et Téléphomme. C’était surtout cette dernière que je voulais avoir au moins une fois sur un de mes concerts. J’en ai eu la chair de poule et la manière dont Louis amène le solo et s’approche du bord de la scène en faisant un mouvement de tête pour demander à Jean-Louis de le suivre était très fort. A ce moment là, je me suis dit que cette tournée, au delà de redonner vie à « Téléphone », aller surtout rendre ses lettres de noblesse à Louis comme pièce maîtresse du groupe, au même titre de Jean-Louis. Et que Louis ça n’était pas que Cendrillon. Mais au-delà des chansons et de la setlist, c’est surtout de voir Louis et Jean-Louis s’éclater sur scène, à faire des blagues (à propos du dentier de Houellebecq entre autres) et à se lancer des grands sourires toutes les 10 sec qui fait plaisir à voir. Sans parler de Richard qui est toujours égal à lui-même : à fond dedans tout le concert. Seul bémol, bien que mis volontairement en retrait, le bassiste a fait quelques incursions vers Richard de temps à autres, mais n’a pas été présenté par le groupe…

Le premier set a durée presque 2h, sur un rythme sans temps mort, mis à part le set acoustique d’une chanson. Le Vaudou (est toujours debout) en première chanson de rappel a fini par m’achever. Je n’aurai pas pu en dire autant de mes voisins qui avaient déjà quitté la salle…
Le groupe nous laisse sur Tu Vas Me Manquer, pas trop longtemps puisque la suite sera à Orléans, dans 5 jours. Il faut bien rattraper le temps perdu.

Les Insus-Portables Setlist Le Zénith, Amiens, France 2016


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